Une mission laisse des marques qui traversent des générations

À l’occasion de la célébration des 450 ans de Mère Alix Le Clerc, nous sommes invités à nous remémorer non seulement l’histoire de la Congrégation, mais aussi les vies qui ont été transformées par sa présence. Le récit qui suit, écrit par Edmar Gama, ancien élève de l’École Poço de Jacob, est un témoignage de cette histoire. Avec sensibilité et gratitude, il revisite ses souvenirs d’enfance, rend hommage au dévouement des Sœurs Chanoinesses de Saint Augustin et met en lumière l’impact de leur mission éducative et pastorale auprès de la communauté du Horto, à Juazeiro do Norte (CE).
Le quartier du Horto, à Juazeiro do Norte, dans l’intérieur du Nordeste, est marqué par la coexistence de deux réalités profondément contrastées. D’un côté, une foi intense, une forte religiosité et une riche culture. De l’autre, une grande vulnérabilité sociale, un manque d’infrastructures et une insuffisance de politiques publiques.
C’est dans ce contexte que l’École Poço de Jacob a été créé. Il s’agit d’une œuvre sociale et éducative des Sœurs Chanoinesses de Saint Augustin, de la Congrégation de Notre Dame.

Très en phase avec la pédagogie de Paulo Freire et dans une perspective visant à unir foi et vie, l’école, qui, pendant mon enfance, était dirigée par Sœur Arlene, a été et demeure un lieu essentiel d’alphabétisation et de formation initiale pour de nombreux enfants. Plus encore, elle est devenue un véritable facteur de transformation dans la vie de tant d’enfants, ainsi que dans celle de toute la communauté.

Au fil des années, l’école et les diverses actions pastorales mises en œuvre par les Sœurs sont devenues un important espace d’accueil, de formation et de promotion humaine pour la communauté.
Il est pratiquement impossible, pour toute personne qui réside ou a résidé dans le quartier du Horto, de ne pas connaître ou de ne pas avoir vécu de près l’expérience de l’École Poço de Jacó.

Je me souviens de Sœur Dora, engagée dans les Pastorales de l’Enfance et de la Santé, ainsi que dans le travail auprès du Mouvement de la Conscience Noire; de Sœur Macilene et de Sœur Rogéria, avec la catéchèse et les mouvements missionnaires ; et de Sœur Betka, musicienne qui, dès le début de son action pastorale au sein de la communauté, donnait des cours de musique, de théorie musicale et de chant choral, en plus de préparer les enfants et les jeunes aux représentations musicales et aux célébrations liturgiques.

Elle fut également responsable, avec d’autres sœurs, telles que Sœur Edênia et Sœur Tatiana, d’accompagner de nombreux jeunes — parmi lesquels je compte moi-même — dans l’approfondissement de leur expérience pastorale et de leurs études théologiques, en abordant notamment le Jésus historique, une introduction aux langues bibliques originales, la théologie de la terre et la mémoire des martyrs qui ont jalonné notre chemin.
En définitive, il ne fait aucun doute que la présence et l’engagement des Sœurs Chanoinesses de Saint Augustin ont profondément marqué et continuent de marquer la vie de cette communauté et de tant de personnes qui ont été et continuent d’être touchées par leur engagement.

En cette année jubilaire des 450 ans de la Congrégation, puissions-nous nous réjouir et rendre grâce à Dieu pour la présence et le témoignage de ces femmes. Que le Seigneur soutienne et préserve la CND/CNS, ses Sœurs ainsi que toutes celles et tous ceux qui, directement ou indirectement, collaborent à sa mission. Et qu’elle puisse continuer à être toujours davantage, selon Matthieu 5, 13-16, le sel de la terre et la lumière du monde pour les enfants et les jeunes qui, encore aujourd’hui, sont conduits par les circonstances de la vie à croire qu’un monde meilleur n’est qu’une utopie.
Avec gratitude,
Edmar Gama
Ancien élève de l’École Poço de Jacó
Juazeiro do Norte – CE




