Saint Augustin :

une règle qui invite à vivre la fraternité et la liberté dans la charité.

regle st augustin« Avant tout, vivez unanimes à la maison, ayant une seule âme et un seul cœur tournés vers Dieu.

N'est-ce pas la raison même de votre rassemblement ? »

« Et puis, qu'on n'entende pas parler parmi vous de biens personnels, mais qu'au contraire tout vous soit commun.

Votre frère prieur doit distribuer à chacun de vous de quoi se nourrir et se couvrir, non pas selon un principe égalitaire, puisque vos santés sont inégales, mais plutôt à chacun selon ses besoins.

Vous lisez, en effet, dans les Actes des Apôtres :

          "Ils avaient tout en commun" (4, 32), et:

          "On accordait à chacun en proportion de ses besoins personnels" (4, 35). »

« Vivez donc tous dans l'unité des cœurs et des âmes, et honorez les uns dans les autres ce Dieu dont vous êtes devenus les temples. »

«  Lorsque vous priez Dieu par des psaumes et des cantiques de louange que vive dans votre cœur ce qui est formulé par vos lèvres. »

...

«  En un mot : que nul d'entre vous ne fasse quoi que ce soit pour son profit personnel, mais que tous vos travaux soient accomplis pour l'utilité commune ; et cela avec un zèle plus grand et un élan plus assidu que

si chacun de vous s'occupait de ses propres affaires, et dans son intérêt propre. »

On dit, en effet, de la charité :

          "Elle ne recherche pas ses propres intérêts" (1 Co 13, 5).

« N'ayez pas de disputes, ou, du moins, venez-en à bout le plus tôt possible. Sinon, la colère pourrait se développer en haine, de paille devenir poutre, et rendre l'âme meurtrière. Vous lisez, en effet :

          "Celui qui hait son frère est un meurtrier" (1 Jn 3, 15). »

« Soyez donc avares de paroles dures. Et si votre bouche en a proférées, n'ayez pas honte d'apporter le remède par la même bouche d'où est venue la blessure. »

 

« Que votre frère prieur ne place pas son bonheur dans l'asservissement des autres sous son autorité, mais dans les services qu'il leur rend par charité.

Par l'honneur devant vous qu'il soit à votre tête ; par la crainte devant Dieu, qu'il se tienne à vos pieds. »

«   Que le Seigneur vous accorde la grâce d'observer tous ces préceptes avec amour, comme des amants de la beauté spirituelle, répandant par votre vie la bonne odeur du Christ ; non pas servilement, comme si nous étions encore sous la loi, mais librement, puisque nous sommes établis dans la grâce. »

 

 

Extraits de la règle

Traduction de Luc Verheijen (O.S.A.) Paris 1967