Nouvelles du Brésil

Chères sœurs,

Nous sommes sur différents continents, mais vivant au même moment.

Un virus nous sépare, nous laisse confinés dans nos foyers, mais il peut nous rassembler dans la solidarité et dans les liens d’appartenance à la même famille religieuse.

vous aurez des nouvelles de la réalité du Brésil et de nos sœurs à travers vos propres écrits.

Le Conseil  Vicarial a élaboré trois questions pour aider à partager les nouvelles:

              Quelles sont les questions qui vous arrivent à l’esprit le plus souvent en ce temps ?

              Comment vous répondez personnellement à elles? Ou encore, comment vous contrôlez les possibles angoisses qui surgissent ?

              Qu’est-ce que pourrait vous aider et/ou aider votre communauté en ce moment de réclusion qui peut durer des mois ?

Chaque semaine, je posterai.

Restons unis dans la prière et l’espérance.

Arlene/CV/Brésil

Voici les réponses: Ivone Gebara et Betka Matusová:

“1.          J’ai plusieurs sentiments surtout des émotions presque de peur puisque des membres proches de ma famille sont infectés par le virus. J’ai peur d’être atteinte aussi puisque je suis partie du groupe de risque. J’ai peur de ne pas pouvoir continuer à prendre soin de ma vieille tante et de mes sœurs. Peur de l’expansion de cette maladie à travers les quartiers pauvres du Brésil. Les questions qui me prennent sont par rapport au modèle de société actuel… Consommation et déprédation de la nature. Peut-être le ‘corona virus’ va nos enseigner à penser à une organisation sociale différente. Je crois que quelque chose dans cette perspective est en train de débuter partout.

2.            Je parle de mes questions et peurs a quelques personnes. Parler m’aide à les porter et les réduire. Je fais aussi des exercices de yoga, de respiration.

A chaque jour quand je me réveille je rends grâce d’être en vie, je rends grâce pour la Vie en moi, je remercie les personnes qui m’ont aidé et m’aident à être ce que je suis. Je remercie les morts et entre eux plusieurs de nos sœurs qui ont marqué ma vie. Je remercie, remercie silencieusement.

Aussi je lis des romans et j’écris tous les jours. Je fais la cuisine, le lavage. Je prends soin de ma tante pendant deux heures chaque jour. Je regarde la TV le soir. Je garde toujours le masque quand je quitte la maison.

3.            Je pense que nous devrions intensifier la communication entre nous par téléphone, internet, zap. Nous devrions parler ensemble de nos peurs sans nous juger. Peut-être aussi faire mémoire de notre histoire personnelle, les raconter les unes aux autres dans la mesure du possible. Chanter, écouter de la musique, surtout celles qui nous parlent au cœur.”

                                                                                  Je vous embrasse, Ivone

“Des questionnements: jusqu’à quand? Combien des morts encore? Et nos soeurs? Au Brésil et dans les autres pays? Et ma famille si loin? 

Ma prière: j’apprends la confiance… Chaque jour.

La Semaine Sainte: les jours forts et très spéciaux. Notre chère sr. Dora nous quitte et il faut vite l’enterrer… Jésus est livré à la mort. Les médecins et les enfermières et tout le personnel dans les hôpitaux.. et des morts et des morts…

Jeudi Saint nous, les soeurs de Juazeiro, avons fait une retraite et l’adoration jusqu’à minuit. Nous avons prié pour le monde entier..

Vendredi Saint nous avons prié le Chemin de Croix.

Le Samedi Saint nous avons célébré la résurrection, sans les prêtres. Nous avons été les prêtresses . Nous avons chanté l’Exultet et renouvellé les voeux baptismales. Nous avons communie et nous nous sommes bénis mutuellement. La joie et la paix du Ressuscité m’envahi.. C’était très beau, profond, nouveau…

Et mon cotidien?

Compositions musicales – j’ai envoyé avec une musicienne franciscaine de Rio de Janeiro une proposition d’hymne de la Campagne de Fraternité pour 2021..

Je fais chaque jour : la cuisine, le potager, la récolte des fruits, cueille des citrons et d’acerola, nourri les poissons, rencontre le Titouno (un caméléon qui vit dans l’espace de la nature de notre Jardin d’Enfants). Je lui ai donné ce nom le dimanche de la Résurrection, je fais aussi de la lecture… Beaucoup de lecture: les livres, les articles théologiques, les infos, les homélies du pape…

Pour continuer l’enseignement: on apprend à se communiquer par Hangout avec les enseignantes et à « fabriquer » les vidéo cours pour les élèves.

Et j’attends… Cet attente m’apprend la patience, la confiance au Dieu de la Vie, la simplicité en accueillant chaque jour dans la joie et la santé, toujours pensant en ceux qui n’ont pas cette chance et meurent, des centaines, des milliers de cette pandémie.

Seigneur, apprend-nous à valoriser la vie, la nature, le silence, les relations et d’arrêter cette vie frénétique qui amène à la destruction… Que ta Résurrection se renouvelle dans l’humanité – l’humanité.”

Betka (Juazeiro do Norte, Brésil)

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