MARIE MADELEINEALLOMBERT

MARIE-MADELEINE ALLOMBERT

 MARIE MADELEINEALLOMBERT

SŒUR MARIE-MADELEINE ALLOMBERT

 

(05.03.1923 – 10.06.2015)

 

C’est avec beaucoup d’émotion, chère sœur Marie-Madeleine, que ta famille, tes amis et nous, tes sœurs, t’entourons ce matin de notre affection, de notre prière remplie de reconnaissance et d’action de grâce.

Action de grâce pour les dons que le Seigneur a mis en toi et pour la réponse généreuse que tu lui as donnée.

Tu es née à Besançon en Franche-Comté. Tes parents t’ont donné une solide éducation chrétienne : tu avais une grande admiration pour ta maman, la considérant comme une sainte, je te cite : « Elle a donné à sa famille le meilleur d’elle-même : l’amour de Dieu et l’amour des autres. » Et tu l’as bien suivie sur ce chemin ! Tu étais l’aînée de la fratrie, deux frères te suivront que tu aimes tendrement : Georges que le Seigneur a rappelé à Lui il y a six mois – tu en as été très affectée – et Jean-Marie qui est très présent parmi nous ce matin, par la pensée, l’affection et la prière : l’île de la Réunion est bien loin et les ennuis de santé de son épouse le retiennent près d’elle.

Après l’école primaire à Besançon, tu es partie en 1935 à Epinal pour y achever tes études secondaires chez les sœurs de Notre-Dame. Très active, tu as fait partie du Mouvement eucharistique des jeunes, tu étais assidue à la chorale : tu avais une très belle voix et tu aimais beaucoup chanter. C’est dans ce contexte que ta vocation religieuse a mûri.

En 1947, ce fut le grand départ pour le Vietnam. A Dalat d’abord, puis à Hanoï jusqu’à l’occupation du Nord, et ensuite à Saïgon. Dans tous ces lieux tu as mis en œuvre tes talents d’éducatrice auprès des jeunes enfants de maternelle, du primaire et de 6ème. Comme tu les aimais, tes petites élèves : attentive à chacune, pleine de bonté pour toutes, les acceptant telles qu’elles étaient, les aidant à développer leurs talents et, dans le respect de leur culture, tu t’efforçais de les tourner vers le Christ, en vraie missionnaire que tu étais. Enthousiaste et dynamique, tu organisais des fêtes ; douée de tes mains, tu créais costumes et décors pour la joie de tous.

En 1959, retour en France, à Epinal, où tu continues ta mission d’éducatrice. En 1965, la congrégation t’envoie en terre d’Islam en Algérie, à Birmandreis. Là encore, de 1965 à 1969, tu éduques les petites musulmanes, toujours avec le même enthousiasme. Mais tu es troublée, perdue… « Qu’est-ce que je fais donc là : je ne peux pas leur parler de Jésus, on ne peut pas envisager de conversion… » !

Tu t’en ouvres à Mgr Teissier, évêque d’Alger. La réponse fut lumineuse et rude : «  Si, ma sœur, il y a une conversion : la vôtre ! » Tu t’es lancée à la découverte de cette culture, toute nouvelle pour toi, te passionnant pour ce peuple que le Seigneur te proposait d’approcher et d’aimer. Tu allais régulièrement visiter les moines de Tibhirine, Christian de Chergé en particulier. Ils t’ont beaucoup aidée à approfondir ton approche de ce peuple et à entrer dans une relation vraie avec lui dans un grand esprit de tolérance et de respect des différences.

De 1969 à 1981 tu es nommée responsable de tes sœurs vivant en Algérie ; période difficile où ta foi, ton sens de la relation, ton attention aux problèmes de chacune, ta bonté ont marqué à vie tes compagnes.

1981 : les évènements s’aggravant, on te demande de revenir en France. Tu n’as pas compris ; tu as vécu ce retour comme une trahison vis-à-vis des algériens avec qui tu avais créé tant de liens. Malgré ce déchirement qui t’a habité jusqu’à la fin de ta vie, tu te rends disponible pour de nouveaux services : responsabilité des sœurs de la communauté de Dijon et fondation d’une nouvelle communauté à Talant.

En 1985, nouvel appel : l’évêque de Dijon demande la présence de sœurs à Chenôve dans une grande cité à la périphérie de Dijon ; Avec Elisabeth Sordet et Anne-Marie Blaise tu réponds présente ! Le Seigneur est bon : cette cité est essentiellement composée de musulmans ! Est-il utile de commenter ces 20 années de vie enfouies, mais ô combien lumineuses ! Chacune se rappelle les circulaires enthousiastes envoyées chaque année à toutes les communautés. Là encore, ton sens de la relation, ton attention aux plus défavorisés, ton écoute, ta compassion face aux détresses apportaient paix et réconfort : «  Faire tout le bien possible » nous dit Pierre Fourier.

En 2005, l’âge venant, tu es accueillie à l’Abbaye-aux-Bois. Repos bien mérité ? Oui, mais actif à ta manière. On se souvient de ta gentillesse, de ton attention à chacune de tes sœurs, de ton écoute, de ta volonté de souligner le positif en chaque personne. Combien de sœurs as-tu aidées discrètement ! Et cela avec une santé allant se dégradant de mois en mois… Ne voyant pratiquement plus, souffrant de pathologies multiples, tu as confié à l’une d’entre nous : « je ne peux plus lire ni rien faire…. Il me reste l’Amour, l’Amour dans toutes les situations ! »

                                 MERCI  Marie-Madeleine !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *